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31/10/2014

"Un opéra-coup de poing" par Franck Mallet - Classica Magazine n°167 - novembre 2014


Au bout de la nuit. Un opéra-coup de poing.

Tout là-bas, au bout du monde, à la confluence du Querelle de Fassbinder et de La Lune dans le caniveau de Beinex, c'est Quai Ouest, le théâtre de Koltès. Trente ans plus tard, paré d'un musique signée Régis Campo, la pièce revient sous la forme d'un ouvrage lyrique en trente séquences, dans une mise en scène ad hoc de Kristian Frédéric, co-auteur du livret. descente aux enfers, jeu de dupes et amours contrariées : le musicien enchaîne avec brio les scènes de cette catastrophe imminente, qui rappelle aussi Cul-de-sac de Polanski. Naturel et immédiat, le chant, nourri de Poulenc et Weill autant que la prosodie coup de poing du Ferré d'Il n'y a plus rien (Séquence 17, le monologue de Charles), équilibre avec style monologues, arias, trios et septuor. Ailleurs, c'est le tohu-bohu d'un orchestre qui enfle et respire à pleins poumons, avec des combinaisons rares de timbres mêlant au Choeur (invisible, au finale) et à l'Orchestre de Mulhouse (dirigé par Marcus Bosch, venu de l'Opéra de Nuremberg, coproducteur) guitares, percussions de métal, corne de brume et claviers numériques. Si la partie de ténor est la plus soignée parfait Julien Behr, ainsi que celle de contre-ténor - ambigu et vénéneux Fabrice di Falco (Fak), les rôles féminins, moins développés, auraient mérité plus d'attention? La sobriété de la mise en scène et la plasticité du décor servent ce drame confiné, tragique et grinçant, où la partition-caméléon épouse le mouvement du texte.

Franck Mallet


Classica Magazine n°167 - novembre 2014




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